Quelques pistes…

29032010

Pourquoi ce Blogue ?

 

Par curiosité d’abord, pour faire l’expérience des réactions qu’il peut susciter, et dans l’espoir d’établir un contact avec ceux qui partageraient une façon de penser et de s’exprimer. Mais j’espère aussi recevoir des objections et des compléments d’information. J’ai en effet conscience qu’il m’arrive de parler de ce que je connais mal. Mais s’il n’était permis de donner des avis ou de plaisanter que sur ce qu’on connaît parfaitement, il ne serait plus guère possible de penser sans se prendre trop au sérieux.

 

Où l’on trouve…

 

La chanson du candidat :

http://www.youtube.com/watch?v=P3S82vmZRCw#watch-main-area

De l’énergie pas chère : comment on vous monte en haut de la tour Eiffel pour quelques centimes d’euro.

Des phrases toutes faites : « j’ai le défaut de mes qualités »

Des pensées profondes : « Attention, toute dérive vers une forme de capitalisme étatique, c’est ni plus ni moins que l’abandon de la démocratie »

L’éloge de l’automobile : Au volant nous sommes tous égaux.

Des idées de gaspillage : Comment consommer un litre d’essence pour fabriquer un litre d’agrocarburant.

Du relatif du relatif : où on s’intéresse à la vitesse avec laquelle l’augmentation du chômage diminue.

 

 

« Jusque là, ça va ! »

 

-         J’ai l’impression qu’on va dans le mur. Tu peux me laisser descendre ?

-         Impossible. Je ne sais pas si je pourrai redémarrer si je m’arrête.

-         Alors ralentis, pour que je puisse au moins sauter en marche.

-         Impossible. Si je ralentis, je vais provoquer un carambolage derrière moi…et perdre le contact avec celui qui est devant (et je ne vois d’ailleurs pas pourquoi il n’irait pas jusqu’au mur comme tout le monde).

-         Mais, le mur.  A cette vitesse, tu ne pourras pas t’arrêter avant.

-         Et si c’était un faux mur, juste pour que les dégonflés ralentissent ?

-         Et si c’est un vrai ?

-         Cool. D’ici à ce qu’on y arrive, on verra bien si les autres devant se plantent.

-         Et s’ils se plantent ?

-         On fera réviser nos freins pour pouvoir s’arrêter plus tôt.

 




Cumul des mandats

25022013

Passionnantes discussions à propos du serpent de mer du « Cumul des Mandats ». D’un côté, il semble que la bonne assise d’un mandat de Maire passe par un mandat de Député, et réciproquement. De l’autre,  il semble que l’importance de chacune de ces charges justifie un travail à plein temps.

Je proposerais de laisser les intéressés un peu plus libres de décider entre cumul et non cumul en limitant l’interdiction de cumul à celui des salaires associés aux mandats.  Et dommage que bien des avantages financiers des charges politiques ne relèvent pas que du salaire.




Tête à Clark

14032012

Comme on…come on. La maîtrise sous-entendue de l’anglais est dans le vent. Cette émission est très « show biz » et Pascale Clark se donne l’air de dominer tous les sujets, comme parfois aussi ceux qu’elle invite, ce qu’elle exprime implicitement par un rire entendu, en tout cas pour ceux qui l’écoutent. Combien d’auditeurs l’entendent et, parmi eux, combien pour n’avoir pas éteint le transistor (mot qui lui a paru désuet ce matin du 13 mars, puisqu’elle est dans le vent) ou avoir oublié de basculer sur une autre radio.

Elle domine aussi l’astronomie (voire l’astrophysique) et évoque la conjonction de Vénus et Saturne en ajoutant avec finesse la précision qu’elle est visible dans l’hémisphère nord. J’imagine que ce rajout a pour fonction de suggérer sa maîtrise du sujet, ce qui pourrait confirmer qu’elle entend être la principale vedette de son émission. C’est une précision qui laissera probablement indifférent la majorité et induira les plus crédules en erreur car c’est inexact. Même si ça n’intéresse personne, il aurait été plus fin de signaler que le même phénomène, parfaitement visible aussi dans l’hémisphère sud, voit la bas Vénus à gauche de Jupiter quand elle est vue à droite chez nous.

Quand on a quelques difficultés à se situer dans l’espace, pourquoi en rajouter ? Je me demande si beaucoup de ses affirmations, dans d’autres domaines que je ne connais pas bien, sont aussi approximatives.




Qui dirige le monde ?

23122011

Les multinationales ? LA finance ? LES marchés ? La politique ? LES médias ? (pour ne parler que du monde occidental, mais le modèle a l’air de se répandre partout). Ces identités ne pensent, ni ne souffrent, ni même ne respirent. Leur comportement, ou celui qu’on leur prête, n’est en réalité que le résultat d’actions individuelles…du PDG, de l’homme influent du Conseil d’Administration, de l’adjoint du numéro 2, de ceux et celles qui sont arrivés là parce qu’ils le désiraient fortement.

Ce sont les plus forts qui font le triomphe du libéralisme. Ils n’ont que de bonnes raisons pour plébisciter la loi de la jungle. Leur serviteurs, qui sont en général épargnés par les grand fauves, font allégeance aux plus forts pour garder leurs petits avantages. Les plus faibles sont abandonnés à leur sort et se laissent le plus souvent convaincre qu’ils n’ont pas de meilleur choix que de laisser les « dirigeants » s’occuper d’eux.

Quels sont les motivations des plus forts ? Le pouvoir ou l’argent, le pouvoir et l’argent, l’argent à défaut de pouvoir, toujours plus. Ils n’ont donc qu’une vision à court terme et à courte distance : les très gros salaires n’ont même pas idée de ce que signifie vivre avec le SMIC.

On pourrait espérer que la démocratie, aidée par les médias, apporte une vision et un objectif à long terme et à longue distance. Autrement dit, on peut espérer qu’il existe des individus, hommes de média, hommes politiques, écrivains – pour citer ceux qui peuvent transmettre un message – qui ont d’autres ambitions que le pouvoir personnel et l’argent, même si la plupart des hommes politiques semblent d’abord préoccupés par leur propre réussite.

Les Vaclav Havel sont rares, assez rares en tout cas pour que le système, qui ne les craint pas, les tolère. C’est d’ailleurs un des avantages d’un système agrégeant des comportements individuels que de ne pas engendrer de police politique.

On comprend que l’avenir (sortie de crise, pour rester terre à terre) est imprévisible.

Pour espérer piloter la société, il faut essayer de comprendre comment elle fonctionne, ce que permet sans doute la sociologie… qui me parait en tout cas bien plus importante que l’économie dont elle est la mère. Peut-on encore espérer que l’ambition individuelle, qui est sans doute l’inévitable moteur de la société, puisse mesurer son succès avec des normes plus nobles, comme par exemple la reconnaissance sociale ?




Répartition des richesses et échelle des revenus

5062011

Résumé : Quelques courbes et un tableau pour que chacun puisse essayer de se faire une idée de ce qui est possible et de ce qui ne l’est pas.

Notre but est de donner une réalité perceptible à des idées pas du tout quantifiées. Nous verrons que les objectifs de la répartition par l’impôt (sans reversements) sont difficiles à atteindre, que l’idée reçue que l’appauvrissement des riches procurerait un bénéfice négligeable aux pauvres est fausse, et qu’il y a des façons très différentes d’atteindre un objectif de réduction seulement mesuré par le rapport des revenus du plus riche au plus pauvre.

On montre en particulier deux solutions extrêmes avec un rapport entre le plus haut revenu et le RSA égal à 20 dans l’esprit de l’annonce du projet socialiste. (le « plus haut » d’environ 1 million d’euros par mois, est en réalité une moyenne des plus hauts 500 revenus).

Les résultats présentés sont basés sur des calculs simples (on trouvera les détails et les références dans le document Répartition des richesses et échelle des revenus dans Ah! les mathématiques pdf repartitionrichesse11164.pdf). On s’intéresse en priorité au revenu disponible après impôt. Les différentes répartitions proposées supposent constante la masse totale disponible.

Etat Initial – Répartition actuelle.

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Figure 1. Répartition actuelle – illisible - des revenus mensuels par ordre décroissant.

Cette courbe est quasiment illisible car le plus haut revenu vaut environ deux mille cinq cent fois le RSA.

            Pour plus de lisibilité, on peut diviser en dix parts le « gâteau » représentant la totalité des revenus disponibles et voir à quel pourcentage de la population revient chaque part (sur la figure, chaque 1% est représenté par un individu).

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Répartition des revenus en parts égales et affectation de chaque part selon la richesse individuelle.

            Pour revenir à une courbe et pour plus de lisibilité que la figure 1, on « oubliera » les plus hauts revenus pour prendre comme maximum la valeur de 10 000€ par mois – sachant qu’on laisse ainsi de côté un dixième du gâteau. En coupant à 20000€ /mois on laisserait de côté 0,2% des plus riches qui ont à eux seuls 4% du salaire disponible

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Figure 2. Répartition actuelle des revenus par ordredécroissant (mêmes données que la figure 1, où on n’a pas représenté les plus hauts revenus).

Répartition « à la chinoise »

On réduit d’un facteur 125 la différence entre tous les revenus et le RSA, pour faire passer le rapport extrême de 2500 à 20 comme on le souhaite). C’est la méthode « règle de trois » la plus simple.

Cette répartition est dite « à la chinoise » par référence aux revenus égaux pour tous au temps de Mao (on trouve aussi quelques privilégiés et quelques laissé pour compte).

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Figure 2. Répartition « à la chinoise ».

B. Méthode consensuelle.

On ne change pas les écarts de revenus sauf pour les plus bas et les plus hauts revenus. On suppose en effet que l’évolution actuelle linéaire entre les 20% et les 80% représente une statistique qui traduit un équilibre social.

Cette méthode permet au passage de détruire l’idée reçue que les hauts revenus sont en trop petit nombre pour qu’une redistribution soit sensible pour les plus pauvres. On voit qu’il n’en est rien puisque le gain mensuel supplémentaire pour quasiment 90% de la population serait d’environ 370 €.

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Figure 3. Répartition « consensuelle ».

Illustration avec quelques cas particuliers.

 Pour fixer autrement les idées, on représente sur le tableau suivant ce que pourrait être, avec ces hypothèses, l’évolution des revenus de professions particulières choisies au hasard.

 

tableau1.jpg

A : Trader ou grand PdG -  B : Grand dirigeant -C : Professeur d’Université classe exceptionnelle – Ingénieur marketting – D : Maitre de Conférences – Directeur d’agence bancaire  -  E : Technicien de maintenance -F : Professeur des écoles -  G : Caissier (ère) de supermarché

Que peut-on faire par l’impôt ?

impots.jpg

Figure 4. Répartition « consensuelle » et impôt.

Pour ce qui est de la répartition « à la chinoise » il est clair que l’impôt n’est pas une solution réaliste.

En revanche, la figure (4) montre qu’il suffirait d’envisager un crédit d’impôt modéré pour atteindre la répartition consensuelle. Cette façon de faire n’est toutefois pas évidente et il faudrait certainement préférer une revalorisation des bas revenus par un autre moyen…mais c’est une autre affaire.

Conclusion

Espérons que ces simulations inspireront des réactions chez ceux qui ont une véritable compétence en économie.

Une répartition des revenus du type (modéré) précédent serait-elle de nature à apporter la paix sociale et à relancer la consommation intérieure dont on dit que les dépenses des bas revenus lui sont favorables ?

S’il est sans doute vrai que les raisonnements d’économiste de comptoir peuvent se retourner comme une chaussette, il existe heureusement des économistes sérieux et ouverts pour proposer un fonctionnement adapté à un choix social. Ont-ils droit à la parole ?




Energie et politiciens

18032011

Jeudi 17 mars 2011 – 7h19  sur France-Culture. Hubert Huertas interroge Louis Aliot, vice président du Front-National et, à la suite de l’accident japonais, demande à son invité sa position vis-à-vis du problème de l’énergie. Ce dernier propose « …de…s’orienter vers l’hydrogène et progressivement remplacer l’industrie nucléaire par l’hydrogène qui est moins polluant et moins dangereux.. » Pas de commentaire du journaliste et donc double incompétence : Ce discours est en effet vide de sens car l’hydrogène n’est pas une source d’énergie mais seulement un vecteur et (en outre) la façon actuelle la plus simple de le fabriquer est d’utiliser l’énergie électrique.

 

Dans la même veine, on a remarqué que Ségolène Royal affichait sa fierté d’écologiste d’avoir aidé au développement de la voiture électrique. Elle aussi semble oublier que l’énergie électrique n’est qu’un vecteur et que la pollution est seulement transférée vers les lieux de sa production.




Information quantifiée

29052010

L’information quantitative est généralement absente des médias. Quel est, par exemple, l’ordre de grandeur du coût annuel de la lutte contre le paludisme en Afrique comparé au cadeau (annuel) de TVA fait aux restaurateurs, ou pour rester plus près de nous, à combien de postes d’infirmières cela correspond-il ?

Et quand elles existent, les données quantifiées sont en général sans intérêt en elles-mêmes.

Journal « le Monde », lundi 10 août 2009, page 5 . « Baisse surprise du chômage ». Le taux de chômage est passé de 9,5% en juin à 9,4% de la population active américaine, fin juillet. Le taux incluant les mises au chômage technique et les emplois à temps partiel non volontaires est tombé de 16,5% à 16,3%.

L’information quantitative prête, ici, à sourire. Les variations indiquées sont de l’ordre de 1% en valeur relative alors qu’on ne donne aucune idée de la précision de la mesure. Ce n’est qu’une illusion d’information et on imagine que le message est plutôt qu’on va peut-être sortir de la crise. Quel intérêt à le journaliste (ou le journal) à faire passer ce message ?

On a aussi parfois des données quantifiées quand il s’agit d’impressionner (nombre de morts dans le séisme d’Haïti, montant de certains très hauts salaires) ou de nous endormir (diminution de la vitesse à laquelle accélère le chômage – voir « la progression ») mais il semble que les dirigeants, relayés par les journalistes (se fiant à des attachés de presse aux ordres ?) ne donnent aucun chiffre qui permette une véritable évaluation de l’impact réel des décisions prises ou à prendre. Sans doute cela arrange-t-il la plupart d’entre nous qui ne nous comportons pas comme des adultes en préférant ne pas savoir.

Pour une approche critique de l’information, on trouvera une grande quantité d’analyses dans le blogue de D.Monniaux (http://david.monniaux.free.fr/dotclear/)




Quelques perles.

14052010

Valse ou Tango ?. : Entendu sur A2, quelques semaines avant les élections américaines, dans la bouche de l’envoyé spécial permanent aux USA (noter au passage « spécial permanent »)

 « La valse d’hésitation du candidat républicain ». Tant qu’à faire (puisque la formule correcte est « valse hésitation »), le tango me paraît plus approprié avec pas en avant et pas en arrière.

 

A France Inter (avril 2010) à propos du projet de loi sur la burka et du débat au parlement, dans la bouche du Premier Ministre: « l’enjeu n’en vaut pas la chandelle »

Heureusement, certains hommes politiques savent quoi dire : « S’il n’y a plus de croissance, il n’y a plus de modèle social », sur le ton de celui qui formule une évidence incontestable (du genre 2+2 font 4) à un ignorant (qui ne saurait pas compter), répondait sur France Inter le 25 mai Gérard Larcher, alors président du Sénat, à une auditrice qui évoquait quelques aspects positifs de la pensée communiste.




Sexisme

16022010

Le sexiste est celui qui pense que le parti socialiste irait mieux si on ne voyait pas tant de femmes à sa tête. Il pense aussi que le choix d’un ministre femme pour la recherche et les universités indique le peu de cas que fait le gouvernement pour ces secteurs.

Celui qui se pique de ne pas être sexiste dit volontiers qu’il trouve jolie femme la ministre Rama Yade (pensant peut-être prouver au passage qu’il n’est pas raciste) mais il se garde bien de trouver joli garçon un quelconque ministre, et pas seulement pour ne pas froisser le Président.




Au-delà des mots

4022010

Qui n’a pas le sentiment que le langage se dégrade dans notre société ? C’est un lieu commun de dire que le langage des banlieues n’utilise que très peu de mots. On peut aussi facilement trouver, au plus haut niveau de la politique, des fautes de grammaire et même de sémantique.

La langue de qualité, poétique ou littéraire, fait un usage du langage qui permet d’enrichir le message premier par d’autres, au-delà des mots. C’est sans doute un de ses objectifs qui en fait aussi la richesse et qui donne du plaisir à lire La Princesse de Clèves. On en trouve aussi des exemples dans le monde médiatique, principalement dans la publicité (voir l’article « La publicité informe »). La plupart du temps, quant à eux, journalistes et hommes politiques en restent au premier degré, sans doute pour être bien compris du plus grand nombre. Dans cet esprit, le langage prend une force, devient un outil qui prime sur l’action car le « dire » remplace le plus souvent « le faire ». Il en découle que beaucoup se désintéressent de la politique pour avoir trop souvent été déçus par des promesses non tenues ou simplement oubliées.

Il faut dire que la classe politique et les journalistes, à l’affût des petites phrases, ont tôt fait d’interpréter les propos des hommes politiques au premier degré dans le but de les dénigrer s’ils sont d’un autre camp. Ce sont des méthodes couramment pratiquées qui transforment une petite phrase humoristique (et donc avec une expression au deuxième degré) lâchée dans un contexte privé en une déclaration. Comme il n’y a pas un camp plus généreux que l’autre, le discours politique est condamné à s’en tenir au plus près du sens premier.

C’est un peu triste, mais il est intéressant parfois de regarder ce que ce discours exprime, au-delà des mots.

Un exemple simple.

Info sur le site d’orange, le 6 novembre dernier au matin « Sarkozy annonce des mesures concrètes pour l’outre-mer ». « mesures concrètes » est entre guillemets, plus loin dans le texte, ce qui signifie que c’est une citation. Si le locuteur éprouve le besoin de préciser le caractère concret des mesures (alors qu’il n’y a pas de mesures abstraites), c’est bien qu’il sait, consciemment ou non, que la promesse de simples mesures ne suffit plus à convaincre. Au-delà des mots, son message signifie sans doute qu’il n’y croit pas lui-même.

Un exemple plus indirect.

Interview à France Culture d’un haut dirigeant de la BNP (la banque française qui possède le plus de succursales dans les paradis fiscaux) dont le niveau d’expression le place largement au dessus du politique moyen. J’ai de la sympathie pour cette radio qui ne pratique pas que le discours au premier degré. Je retiens deux échanges de la discussion.

Que pensez-vous du caractère aristocratique (au sens où elles se recrutent essentiellement dans le cercle qui les constitue) des élites ? Réponse du dirigeant : le recrutement est très ouvert puisqu’il puise largement à Sciences Po. Cette réponse élude la question puisqu’elle sous-entend sans le prouver que le recrutement à Sciences Po ne favorise pas ceux qui appartiennent à l’aristocratie. En outre, il me semble que les critères de sélection n’y sont pas indépendants de l’environnement social (beaucoup moins en tout cas que dans les grandes écoles scientifiques). Cette esquive, au-delà des mots, signifie que ce dirigeant répond pour protéger sa classe.

Que pensez-vous personnellement des très hauts salaires (Obama aurait dit « indécents ») des dirigeants ?

Première réponse. Les salaires de certains entraîneurs de football sont plus élevés. C’est révélateur : veut-il dire que les entraîneurs de foot-ball méritent moins que les chefs d’entreprise et si oui, quel est son critère du « mérite » ?

Deuxième réponse (après l’aimable insistance des animateurs  «  vous nous endormez depuis le début de l’émission ») : la vraie question (ce qui signifie clairement qu’il ne veut pas répondre à celle des journalistes) est de voir comment les salaires français se situent par rapport aux salaires internationaux, etc.

Au-delà des mots, ce refus de répondre est ans doute l’aveu de la conscience d’une certaine indécence. Il avance une justification fondée sur la « loi de l’offre et de la demande » alors qu’il vient de sous-entendre qu’elle ne s’applique pas aux sportifs professionnels. A mon avis c’est le contraire : le succès de l’entraîneur d’une équipe de football se mesure bien plus facilement que celui d’un dirigeant d’entreprise :on n’y a pas encore vu un jugement condamnant l’entreprise et relaxant ses dirigeants (comme dans le cas du procès de Vivendi aux USA).

Je ne sais pas ce que ce dirigeant pense personnellement de tout cela mais, au-delà des mots, il répond aux questions avec le souci de ne pas trahir sa classe.

 







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