Résumé : Quelques courbes et un tableau pour que chacun puisse essayer de se faire une idée de ce qui est possible et de ce qui ne l’est pas.
Notre but est de donner une réalité perceptible à des idées pas du tout quantifiées. Nous verrons que les objectifs de la répartition par l’impôt (sans reversements) sont difficiles à atteindre, que l’idée reçue que l’appauvrissement des riches procurerait un bénéfice négligeable aux pauvres est fausse, et qu’il y a des façons très différentes d’atteindre un objectif de réduction seulement mesuré par le rapport des revenus du plus riche au plus pauvre.
On montre en particulier deux solutions extrêmes avec un rapport entre le plus haut revenu et le RSA égal à 20 dans l’esprit de l’annonce du projet socialiste. (le « plus haut » d’environ 1 million d’euros par mois, est en réalité une moyenne des plus hauts 500 revenus).
Les résultats présentés sont basés sur des calculs simples (on trouvera les détails et les références dans le document
repartitionrichesse11164.pdf). On s’intéresse en priorité au revenu disponible après impôt. Les différentes répartitions proposées supposent constante la masse totale disponible.
Etat Initial – Répartition actuelle.

Figure 1. Répartition actuelle – illisible - des revenus mensuels par ordre décroissant.
Cette courbe est quasiment illisible car le plus haut revenu vaut environ deux mille cinq cent fois le RSA.
Pour plus de lisibilité, on peut diviser en dix parts le « gâteau » représentant la totalité des revenus disponibles et voir à quel pourcentage de la population revient chaque part (sur la figure, chaque 1% est représenté par un individu).

Répartition des revenus en parts égales et affectation de chaque part selon la richesse individuelle.
Pour revenir à une courbe et pour plus de lisibilité que la figure 1, on « oubliera » les plus hauts revenus pour prendre comme maximum la valeur de 10 000€ par mois – sachant qu’on laisse ainsi de côté un dixième du gâteau. En coupant à 20000€ /mois on laisserait de côté 0,2% des plus riches qui ont à eux seuls 4% du salaire disponible

Figure 2. Répartition actuelle des revenus par ordredécroissant (mêmes données que la figure 1, où on n’a pas représenté les plus hauts revenus).
Répartition « à la chinoise »
On réduit d’un facteur 125 la différence entre tous les revenus et le RSA, pour faire passer le rapport extrême de 2500 à 20 comme on le souhaite). C’est la méthode « règle de trois » la plus simple.
Cette répartition est dite « à la chinoise » par référence aux revenus égaux pour tous au temps de Mao (on trouve aussi quelques privilégiés et quelques laissé pour compte).

Figure 2. Répartition « à la chinoise ».
B. Méthode consensuelle.
On ne change pas les écarts de revenus sauf pour les plus bas et les plus hauts revenus. On suppose en effet que l’évolution actuelle linéaire entre les 20% et les 80% représente une statistique qui traduit un équilibre social.
Cette méthode permet au passage de détruire l’idée reçue que les hauts revenus sont en trop petit nombre pour qu’une redistribution soit sensible pour les plus pauvres. On voit qu’il n’en est rien puisque le gain mensuel supplémentaire pour quasiment 90% de la population serait d’environ 370 €.

Figure 3. Répartition « consensuelle ».
Illustration avec quelques cas particuliers.
Pour fixer autrement les idées, on représente sur le tableau suivant ce que pourrait être, avec ces hypothèses, l’évolution des revenus de professions particulières choisies au hasard.

A : Trader ou grand PdG - B : Grand dirigeant -C : Professeur d’Université classe exceptionnelle – Ingénieur marketting – D : Maitre de Conférences – Directeur d’agence bancaire - E : Technicien de maintenance -F : Professeur des écoles - G : Caissier (ère) de supermarché
Que peut-on faire par l’impôt ?

Figure 4. Répartition « consensuelle » et impôt.
Pour ce qui est de la répartition « à la chinoise » il est clair que l’impôt n’est pas une solution réaliste.
En revanche, la figure (4) montre qu’il suffirait d’envisager un crédit d’impôt modéré pour atteindre la répartition consensuelle. Cette façon de faire n’est toutefois pas évidente et il faudrait certainement préférer une revalorisation des bas revenus par un autre moyen…mais c’est une autre affaire.
Conclusion
Espérons que ces simulations inspireront des réactions chez ceux qui ont une véritable compétence en économie.
Une répartition des revenus du type (modéré) précédent serait-elle de nature à apporter la paix sociale et à relancer la consommation intérieure dont on dit que les dépenses des bas revenus lui sont favorables ?
S’il est sans doute vrai que les raisonnements d’économiste de comptoir peuvent se retourner comme une chaussette, il existe heureusement des économistes sérieux et ouverts pour proposer un fonctionnement adapté à un choix social. Ont-ils droit à la parole ?