Répartition des richesses et échelle des revenus

5062011

Résumé : Quelques courbes et un tableau pour que chacun puisse essayer de se faire une idée de ce qui est possible et de ce qui ne l’est pas.

Notre but est de donner une réalité perceptible à des idées pas du tout quantifiées. Nous verrons que les objectifs de la répartition par l’impôt (sans reversements) sont difficiles à atteindre, que l’idée reçue que l’appauvrissement des riches procurerait un bénéfice négligeable aux pauvres est fausse, et qu’il y a des façons très différentes d’atteindre un objectif de réduction seulement mesuré par le rapport des revenus du plus riche au plus pauvre.

On montre en particulier deux solutions extrêmes avec un rapport entre le plus haut revenu et le RSA égal à 20 dans l’esprit de l’annonce du projet socialiste. (le « plus haut » d’environ 1 million d’euros par mois, est en réalité une moyenne des plus hauts 500 revenus).

Les résultats présentés sont basés sur des calculs simples (on trouvera les détails et les références dans le document Répartition des richesses et échelle des revenus dans Ah! les mathématiques pdf repartitionrichesse11164.pdf). On s’intéresse en priorité au revenu disponible après impôt. Les différentes répartitions proposées supposent constante la masse totale disponible.

Etat Initial – Répartition actuelle.

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Figure 1. Répartition actuelle – illisible - des revenus mensuels par ordre décroissant.

Cette courbe est quasiment illisible car le plus haut revenu vaut environ deux mille cinq cent fois le RSA.

            Pour plus de lisibilité, on peut diviser en dix parts le « gâteau » représentant la totalité des revenus disponibles et voir à quel pourcentage de la population revient chaque part (sur la figure, chaque 1% est représenté par un individu).

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Répartition des revenus en parts égales et affectation de chaque part selon la richesse individuelle.

            Pour revenir à une courbe et pour plus de lisibilité que la figure 1, on « oubliera » les plus hauts revenus pour prendre comme maximum la valeur de 10 000€ par mois – sachant qu’on laisse ainsi de côté un dixième du gâteau. En coupant à 20000€ /mois on laisserait de côté 0,2% des plus riches qui ont à eux seuls 4% du salaire disponible

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Figure 2. Répartition actuelle des revenus par ordredécroissant (mêmes données que la figure 1, où on n’a pas représenté les plus hauts revenus).

Répartition « à la chinoise »

On réduit d’un facteur 125 la différence entre tous les revenus et le RSA, pour faire passer le rapport extrême de 2500 à 20 comme on le souhaite). C’est la méthode « règle de trois » la plus simple.

Cette répartition est dite « à la chinoise » par référence aux revenus égaux pour tous au temps de Mao (on trouve aussi quelques privilégiés et quelques laissé pour compte).

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Figure 2. Répartition « à la chinoise ».

B. Méthode consensuelle.

On ne change pas les écarts de revenus sauf pour les plus bas et les plus hauts revenus. On suppose en effet que l’évolution actuelle linéaire entre les 20% et les 80% représente une statistique qui traduit un équilibre social.

Cette méthode permet au passage de détruire l’idée reçue que les hauts revenus sont en trop petit nombre pour qu’une redistribution soit sensible pour les plus pauvres. On voit qu’il n’en est rien puisque le gain mensuel supplémentaire pour quasiment 90% de la population serait d’environ 370 €.

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Figure 3. Répartition « consensuelle ».

Illustration avec quelques cas particuliers.

 Pour fixer autrement les idées, on représente sur le tableau suivant ce que pourrait être, avec ces hypothèses, l’évolution des revenus de professions particulières choisies au hasard.

 

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A : Trader ou grand PdG -  B : Grand dirigeant -C : Professeur d’Université classe exceptionnelle – Ingénieur marketting – D : Maitre de Conférences – Directeur d’agence bancaire  -  E : Technicien de maintenance -F : Professeur des écoles -  G : Caissier (ère) de supermarché

Que peut-on faire par l’impôt ?

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Figure 4. Répartition « consensuelle » et impôt.

Pour ce qui est de la répartition « à la chinoise » il est clair que l’impôt n’est pas une solution réaliste.

En revanche, la figure (4) montre qu’il suffirait d’envisager un crédit d’impôt modéré pour atteindre la répartition consensuelle. Cette façon de faire n’est toutefois pas évidente et il faudrait certainement préférer une revalorisation des bas revenus par un autre moyen…mais c’est une autre affaire.

Conclusion

Espérons que ces simulations inspireront des réactions chez ceux qui ont une véritable compétence en économie.

Une répartition des revenus du type (modéré) précédent serait-elle de nature à apporter la paix sociale et à relancer la consommation intérieure dont on dit que les dépenses des bas revenus lui sont favorables ?

S’il est sans doute vrai que les raisonnements d’économiste de comptoir peuvent se retourner comme une chaussette, il existe heureusement des économistes sérieux et ouverts pour proposer un fonctionnement adapté à un choix social. Ont-ils droit à la parole ?




Sondage

9122009

(autre version de « Jusque là, ça va » 

« Jusque là, ça va » dit, à son passage au 10ème étage, le gars qui tombe du 20ème. Il a raison car il ne peut plus rien faire et il vaut mieux pour lui qu’il vive sereinement ses derniers instants. Il connaît la mécanique et sait que sa vitesse augmente à peu près de façon proportionnelle au temps qui passe. Dit autrement, le taux de variation de sa vitesse est constant, ce qui est plus positif. Comme c’est un expert, il observe même que ce taux diminue légèrement grâce à la résistance de l’air. Ce constat encore plus sympathique lui permet d’oublier qu’il ne lui reste qu’une seconde à vivre.

Entendu à France-Inter : « seulement un quart des cadres pensent que le chômage va augmenter » C’est comme le cas du gars qui tombe du vingtième : en cherchant bien on peut toujours trouver un bon côté aux choses, surtout à courte vue (voir l’article sur « la progression »). Mais aussi, il est plus facile de s’intéresser à ceux qui regardent qu’à ce qu’il faudrait regarder.

Et quand on ne sait plus quoi dire, il reste, dans la même veine, la solution du niveau deux de la non-information, parfois délibérément construit, comme ce sondage paru en décembre 2009, sur ce que les Français pensent de la façon dont pourra se comporter l’équipe de France de Football à la prochaine coupe du monde…

Ne serait-il pas également intéressant de savoir à combien les Français estiment le nombre d’entre eux qui s’interrogent sur la qualité de l’information qui leur est diffusée… Et si vous n’avez pas compris à la première lecture, répondez « non » au sondage.




Automobile et psychologie

21052009

Au volant d’une voiture, nous sommes tous égaux. Les gros et les gringalets ont l’air aussi forts que les costauds, les imbéciles et incultes ont l’air aussi bons que les cultivés. Et les pauvres qui se sont saignés pour acheter une belle voiture n’en ont pas l’air.

Il y a donc un effet psychologique socialement bénéfique, même si c’est bénéfique comme la cocaïne pour certains « hauts personnages » (comme on dit). Les constructeurs et surtout leurs publicitaires, d’ailleurs, le savent très bien. Après tout, la voiture est peut-être un bon calmant social.

 

Pensées plausibles d’un conducteur moyen :

«  Evidemment, ce gros con avec son 4×4 à 50000 € ne va pas s’abaisser à respecter la limitation de vitesse à 90 km/h faite pour les petits. Il faut bien qu’il se fasse remarquer.

….C’est pas parce j’ai acheté un 4×4 pas cher d’Asie du grand sud est ou d’Europe du grand est que je vais rester derrière l’autre 4×4 du riche (qui forcément conduit moins bien que moi)…

   Bien sûr c’est une berline familiale bourgeoise mais ce ne serait pas la peine de s’être fait refiler la version avec 124 soupapes, le super turbo et la correction automatique pour conducteur déficient pour traîner avec les pépés et les femmes enceintes..

    Evidemment, j’ai pas un rond et ma voiture est pourrie, mais c’est pas parce que je suis un  petit jeune (au contraire ?) que je n’ai pas des couilles pour doubler tout le monde.

…Tu as vu la super nana dans sa voiture de sport ? (juste assez décapotable pour qu’on la voie). Regarde la bien : d’abord elle trop belle pour toi, dans ta petite voiture de prolétaire, et en plus il faut que tu apprennes, puisqu’elle te double, qu’elle conduit mieux que toi.

 

    Beaucoup doublent parce qu’ils ont la conviction que leur temps est précieux, en tout cas plus précieux que celui des autres dont évidemment celui des pépés et des nanas qui respectent la limitation.

    Et ceux qui ont le temps doublent pour se prouver qu’ils n’ont pas peur des flics. Il est vrai que braver la loi est chez nous un sport national.

 

…Je te colle au cul. D’abord parce que je suis très pressé (je travaille moi !), ensuite parce que je n’ai pas seulement acheté ma grosse berline pour me faire valoir mais pour être toujours devant, et surtout pas derrière une nana qui ne sait même pas qu’elle a un rétro. A non, c’est un mec, sûrement un pépé et je crois qu’il ma vu : c’est sûr qu’il me nargue et fait exprès de se maintenir juste à la vitesse limite. Parti comme ça, il va mettre une heure pour doubler ce camion. Je lui fais un appel de phares pour lui foutre les boules. Evidemment, ma maîtrise du véhicule est totale (à ce prix là c’est la moindre des choses) et je ne perçois aucun risque à rouler à 90 km/h à un mètre derrière cet abruti. Dès que possible, je vais lui faire une queue de poisson pour lui montrer que la route n’appartient pas aux minables, et comme ça, je repartirai la tête haute.

 




« Travailler plus, pour gagner plus ».

4052009

présupposés : l’argent vaut mieux que le temps ou on est assez bien payé pour la quantité de travail qu’on fournit.

Il faut remarquer que cette idée n’est pas très intéressante pour ceux qui gagnent peu. En effet ils peuvent considérer que leur temps est mieux rémunéré quand ils travaillent pour eux…et il y en a beaucoup qui, pour cette raison, préfèrent les 35h pour bricoler chez eux où, en prime, ils sont leurs patrons. Ils pourraient donc dire « travailler moins pour gagner plus ! »




Une certaine idée de la démocratie

4052009

Une certaine (ou incertaine ?) idée de la démocratie :

Laurence Parisot, présidente de MEDEF : « Attention, toute dérive vers une forme de capitalisme étatique, c’est ni plus ni moins que l’abandon de la démocratie. Il faut être très très vigilant » – dans Direct, 24/10/2008.

Formule délicieuse, évidemment, et un très bel exemple du détournement (ou de la méconnaissance ?) du sens des mots. Qu’est-ce que le capitalisme étatique ? Je suppose que pour LP, « capitalisme » est un mot sympathique et j’imagine que le mal se cache dans le mot « étatique ». Mais qu’entend LP par « démocratie » si elle l’oppose à l’état ?

Tant qu’on est à Parisot…elle prétend qu’il serait inacceptable de limiter le salaire des patrons. Je devine qu’elle pourrait penser qu’il n’y aurait que justice à ce que ce soit comme le SMIC, un salaire minimum garanti et non pas un salaire maximum autorisé !







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