Cumul des mandats

25022013

Passionnantes discussions à propos du serpent de mer du « Cumul des Mandats ». D’un côté, il semble que la bonne assise d’un mandat de Maire passe par un mandat de Député, et réciproquement. De l’autre,  il semble que l’importance de chacune de ces charges justifie un travail à plein temps.

Je proposerais de laisser les intéressés un peu plus libres de décider entre cumul et non cumul en limitant l’interdiction de cumul à celui des salaires associés aux mandats.  Et dommage que bien des avantages financiers des charges politiques ne relèvent pas que du salaire.




Qui dirige le monde ?

23122011

Les multinationales ? LA finance ? LES marchés ? La politique ? LES médias ? (pour ne parler que du monde occidental, mais le modèle a l’air de se répandre partout). Ces identités ne pensent, ni ne souffrent, ni même ne respirent. Leur comportement, ou celui qu’on leur prête, n’est en réalité que le résultat d’actions individuelles…du PDG, de l’homme influent du Conseil d’Administration, de l’adjoint du numéro 2, de ceux et celles qui sont arrivés là parce qu’ils le désiraient fortement.

Ce sont les plus forts qui font le triomphe du libéralisme. Ils n’ont que de bonnes raisons pour plébisciter la loi de la jungle. Leur serviteurs, qui sont en général épargnés par les grand fauves, font allégeance aux plus forts pour garder leurs petits avantages. Les plus faibles sont abandonnés à leur sort et se laissent le plus souvent convaincre qu’ils n’ont pas de meilleur choix que de laisser les « dirigeants » s’occuper d’eux.

Quels sont les motivations des plus forts ? Le pouvoir ou l’argent, le pouvoir et l’argent, l’argent à défaut de pouvoir, toujours plus. Ils n’ont donc qu’une vision à court terme et à courte distance : les très gros salaires n’ont même pas idée de ce que signifie vivre avec le SMIC.

On pourrait espérer que la démocratie, aidée par les médias, apporte une vision et un objectif à long terme et à longue distance. Autrement dit, on peut espérer qu’il existe des individus, hommes de média, hommes politiques, écrivains – pour citer ceux qui peuvent transmettre un message – qui ont d’autres ambitions que le pouvoir personnel et l’argent, même si la plupart des hommes politiques semblent d’abord préoccupés par leur propre réussite.

Les Vaclav Havel sont rares, assez rares en tout cas pour que le système, qui ne les craint pas, les tolère. C’est d’ailleurs un des avantages d’un système agrégeant des comportements individuels que de ne pas engendrer de police politique.

On comprend que l’avenir (sortie de crise, pour rester terre à terre) est imprévisible.

Pour espérer piloter la société, il faut essayer de comprendre comment elle fonctionne, ce que permet sans doute la sociologie… qui me parait en tout cas bien plus importante que l’économie dont elle est la mère. Peut-on encore espérer que l’ambition individuelle, qui est sans doute l’inévitable moteur de la société, puisse mesurer son succès avec des normes plus nobles, comme par exemple la reconnaissance sociale ?




Répartition des richesses et échelle des revenus

5062011

Résumé : Quelques courbes et un tableau pour que chacun puisse essayer de se faire une idée de ce qui est possible et de ce qui ne l’est pas.

Notre but est de donner une réalité perceptible à des idées pas du tout quantifiées. Nous verrons que les objectifs de la répartition par l’impôt (sans reversements) sont difficiles à atteindre, que l’idée reçue que l’appauvrissement des riches procurerait un bénéfice négligeable aux pauvres est fausse, et qu’il y a des façons très différentes d’atteindre un objectif de réduction seulement mesuré par le rapport des revenus du plus riche au plus pauvre.

On montre en particulier deux solutions extrêmes avec un rapport entre le plus haut revenu et le RSA égal à 20 dans l’esprit de l’annonce du projet socialiste. (le « plus haut » d’environ 1 million d’euros par mois, est en réalité une moyenne des plus hauts 500 revenus).

Les résultats présentés sont basés sur des calculs simples (on trouvera les détails et les références dans le document Répartition des richesses et échelle des revenus dans Ah! les mathématiques pdf repartitionrichesse11164.pdf). On s’intéresse en priorité au revenu disponible après impôt. Les différentes répartitions proposées supposent constante la masse totale disponible.

Etat Initial – Répartition actuelle.

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Figure 1. Répartition actuelle – illisible - des revenus mensuels par ordre décroissant.

Cette courbe est quasiment illisible car le plus haut revenu vaut environ deux mille cinq cent fois le RSA.

            Pour plus de lisibilité, on peut diviser en dix parts le « gâteau » représentant la totalité des revenus disponibles et voir à quel pourcentage de la population revient chaque part (sur la figure, chaque 1% est représenté par un individu).

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Répartition des revenus en parts égales et affectation de chaque part selon la richesse individuelle.

            Pour revenir à une courbe et pour plus de lisibilité que la figure 1, on « oubliera » les plus hauts revenus pour prendre comme maximum la valeur de 10 000€ par mois – sachant qu’on laisse ainsi de côté un dixième du gâteau. En coupant à 20000€ /mois on laisserait de côté 0,2% des plus riches qui ont à eux seuls 4% du salaire disponible

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Figure 2. Répartition actuelle des revenus par ordredécroissant (mêmes données que la figure 1, où on n’a pas représenté les plus hauts revenus).

Répartition « à la chinoise »

On réduit d’un facteur 125 la différence entre tous les revenus et le RSA, pour faire passer le rapport extrême de 2500 à 20 comme on le souhaite). C’est la méthode « règle de trois » la plus simple.

Cette répartition est dite « à la chinoise » par référence aux revenus égaux pour tous au temps de Mao (on trouve aussi quelques privilégiés et quelques laissé pour compte).

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Figure 2. Répartition « à la chinoise ».

B. Méthode consensuelle.

On ne change pas les écarts de revenus sauf pour les plus bas et les plus hauts revenus. On suppose en effet que l’évolution actuelle linéaire entre les 20% et les 80% représente une statistique qui traduit un équilibre social.

Cette méthode permet au passage de détruire l’idée reçue que les hauts revenus sont en trop petit nombre pour qu’une redistribution soit sensible pour les plus pauvres. On voit qu’il n’en est rien puisque le gain mensuel supplémentaire pour quasiment 90% de la population serait d’environ 370 €.

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Figure 3. Répartition « consensuelle ».

Illustration avec quelques cas particuliers.

 Pour fixer autrement les idées, on représente sur le tableau suivant ce que pourrait être, avec ces hypothèses, l’évolution des revenus de professions particulières choisies au hasard.

 

tableau1.jpg

A : Trader ou grand PdG -  B : Grand dirigeant -C : Professeur d’Université classe exceptionnelle – Ingénieur marketting – D : Maitre de Conférences – Directeur d’agence bancaire  -  E : Technicien de maintenance -F : Professeur des écoles -  G : Caissier (ère) de supermarché

Que peut-on faire par l’impôt ?

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Figure 4. Répartition « consensuelle » et impôt.

Pour ce qui est de la répartition « à la chinoise » il est clair que l’impôt n’est pas une solution réaliste.

En revanche, la figure (4) montre qu’il suffirait d’envisager un crédit d’impôt modéré pour atteindre la répartition consensuelle. Cette façon de faire n’est toutefois pas évidente et il faudrait certainement préférer une revalorisation des bas revenus par un autre moyen…mais c’est une autre affaire.

Conclusion

Espérons que ces simulations inspireront des réactions chez ceux qui ont une véritable compétence en économie.

Une répartition des revenus du type (modéré) précédent serait-elle de nature à apporter la paix sociale et à relancer la consommation intérieure dont on dit que les dépenses des bas revenus lui sont favorables ?

S’il est sans doute vrai que les raisonnements d’économiste de comptoir peuvent se retourner comme une chaussette, il existe heureusement des économistes sérieux et ouverts pour proposer un fonctionnement adapté à un choix social. Ont-ils droit à la parole ?




Sexisme

16022010

Le sexiste est celui qui pense que le parti socialiste irait mieux si on ne voyait pas tant de femmes à sa tête. Il pense aussi que le choix d’un ministre femme pour la recherche et les universités indique le peu de cas que fait le gouvernement pour ces secteurs.

Celui qui se pique de ne pas être sexiste dit volontiers qu’il trouve jolie femme la ministre Rama Yade (pensant peut-être prouver au passage qu’il n’est pas raciste) mais il se garde bien de trouver joli garçon un quelconque ministre, et pas seulement pour ne pas froisser le Président.




Au-delà des mots

4022010

Qui n’a pas le sentiment que le langage se dégrade dans notre société ? C’est un lieu commun de dire que le langage des banlieues n’utilise que très peu de mots. On peut aussi facilement trouver, au plus haut niveau de la politique, des fautes de grammaire et même de sémantique.

La langue de qualité, poétique ou littéraire, fait un usage du langage qui permet d’enrichir le message premier par d’autres, au-delà des mots. C’est sans doute un de ses objectifs qui en fait aussi la richesse et qui donne du plaisir à lire La Princesse de Clèves. On en trouve aussi des exemples dans le monde médiatique, principalement dans la publicité (voir l’article « La publicité informe »). La plupart du temps, quant à eux, journalistes et hommes politiques en restent au premier degré, sans doute pour être bien compris du plus grand nombre. Dans cet esprit, le langage prend une force, devient un outil qui prime sur l’action car le « dire » remplace le plus souvent « le faire ». Il en découle que beaucoup se désintéressent de la politique pour avoir trop souvent été déçus par des promesses non tenues ou simplement oubliées.

Il faut dire que la classe politique et les journalistes, à l’affût des petites phrases, ont tôt fait d’interpréter les propos des hommes politiques au premier degré dans le but de les dénigrer s’ils sont d’un autre camp. Ce sont des méthodes couramment pratiquées qui transforment une petite phrase humoristique (et donc avec une expression au deuxième degré) lâchée dans un contexte privé en une déclaration. Comme il n’y a pas un camp plus généreux que l’autre, le discours politique est condamné à s’en tenir au plus près du sens premier.

C’est un peu triste, mais il est intéressant parfois de regarder ce que ce discours exprime, au-delà des mots.

Un exemple simple.

Info sur le site d’orange, le 6 novembre dernier au matin « Sarkozy annonce des mesures concrètes pour l’outre-mer ». « mesures concrètes » est entre guillemets, plus loin dans le texte, ce qui signifie que c’est une citation. Si le locuteur éprouve le besoin de préciser le caractère concret des mesures (alors qu’il n’y a pas de mesures abstraites), c’est bien qu’il sait, consciemment ou non, que la promesse de simples mesures ne suffit plus à convaincre. Au-delà des mots, son message signifie sans doute qu’il n’y croit pas lui-même.

Un exemple plus indirect.

Interview à France Culture d’un haut dirigeant de la BNP (la banque française qui possède le plus de succursales dans les paradis fiscaux) dont le niveau d’expression le place largement au dessus du politique moyen. J’ai de la sympathie pour cette radio qui ne pratique pas que le discours au premier degré. Je retiens deux échanges de la discussion.

Que pensez-vous du caractère aristocratique (au sens où elles se recrutent essentiellement dans le cercle qui les constitue) des élites ? Réponse du dirigeant : le recrutement est très ouvert puisqu’il puise largement à Sciences Po. Cette réponse élude la question puisqu’elle sous-entend sans le prouver que le recrutement à Sciences Po ne favorise pas ceux qui appartiennent à l’aristocratie. En outre, il me semble que les critères de sélection n’y sont pas indépendants de l’environnement social (beaucoup moins en tout cas que dans les grandes écoles scientifiques). Cette esquive, au-delà des mots, signifie que ce dirigeant répond pour protéger sa classe.

Que pensez-vous personnellement des très hauts salaires (Obama aurait dit « indécents ») des dirigeants ?

Première réponse. Les salaires de certains entraîneurs de football sont plus élevés. C’est révélateur : veut-il dire que les entraîneurs de foot-ball méritent moins que les chefs d’entreprise et si oui, quel est son critère du « mérite » ?

Deuxième réponse (après l’aimable insistance des animateurs  «  vous nous endormez depuis le début de l’émission ») : la vraie question (ce qui signifie clairement qu’il ne veut pas répondre à celle des journalistes) est de voir comment les salaires français se situent par rapport aux salaires internationaux, etc.

Au-delà des mots, ce refus de répondre est ans doute l’aveu de la conscience d’une certaine indécence. Il avance une justification fondée sur la « loi de l’offre et de la demande » alors qu’il vient de sous-entendre qu’elle ne s’applique pas aux sportifs professionnels. A mon avis c’est le contraire : le succès de l’entraîneur d’une équipe de football se mesure bien plus facilement que celui d’un dirigeant d’entreprise :on n’y a pas encore vu un jugement condamnant l’entreprise et relaxant ses dirigeants (comme dans le cas du procès de Vivendi aux USA).

Je ne sais pas ce que ce dirigeant pense personnellement de tout cela mais, au-delà des mots, il répond aux questions avec le souci de ne pas trahir sa classe.

 




Sondage

9122009

(autre version de « Jusque là, ça va » 

« Jusque là, ça va » dit, à son passage au 10ème étage, le gars qui tombe du 20ème. Il a raison car il ne peut plus rien faire et il vaut mieux pour lui qu’il vive sereinement ses derniers instants. Il connaît la mécanique et sait que sa vitesse augmente à peu près de façon proportionnelle au temps qui passe. Dit autrement, le taux de variation de sa vitesse est constant, ce qui est plus positif. Comme c’est un expert, il observe même que ce taux diminue légèrement grâce à la résistance de l’air. Ce constat encore plus sympathique lui permet d’oublier qu’il ne lui reste qu’une seconde à vivre.

Entendu à France-Inter : « seulement un quart des cadres pensent que le chômage va augmenter » C’est comme le cas du gars qui tombe du vingtième : en cherchant bien on peut toujours trouver un bon côté aux choses, surtout à courte vue (voir l’article sur « la progression »). Mais aussi, il est plus facile de s’intéresser à ceux qui regardent qu’à ce qu’il faudrait regarder.

Et quand on ne sait plus quoi dire, il reste, dans la même veine, la solution du niveau deux de la non-information, parfois délibérément construit, comme ce sondage paru en décembre 2009, sur ce que les Français pensent de la façon dont pourra se comporter l’équipe de France de Football à la prochaine coupe du monde…

Ne serait-il pas également intéressant de savoir à combien les Français estiment le nombre d’entre eux qui s’interrogent sur la qualité de l’information qui leur est diffusée… Et si vous n’avez pas compris à la première lecture, répondez « non » au sondage.




Comment gagner en Bourse ?

13082009

Informations sur le site d’Orange.

« La décision de BNP Paribas de prévoir environ un milliard d’euros pour les bonus de ses équipes, révélée mercredi, a mis le feu aux poudres alors que la banque avait reçu quelque 5 milliards d’aides de l’Etat au plus fort de la crise. »

« L’ancien patron du trader Jérôme Kerviel au sein de Société Générale, Jean-Pierre Mustier, est l’objet d’une enquête de l’Autorité des marchés financiers (AMF) pour délit d’initié et va quitter la banque, selon un communiqué publié jeudi par la banque. » 

Supposons que la bourse soit un jeu à somme nulle (ce qui est d’autant plus le cas que l’économie va mal) : il faut que certains perdent ce que les autres gagnent. Il est donc bon que ceux qui gagnent, parce qu’ils peuvent tricher, ne jouent pas entre eux. D’où l’intérêt pour les banques de l’existence des petits porteurs et l’aubaine de l’engouement pour la Bourse favorisé par Internet et par les banques avec, par exemple, des produits sophistiqués qui permettent de jouer même si on n’a pas grand chose. Ces produits dérivés sont mitonnés par des matheux et conçus pour que la banque ne perde jamais ; leur cours est peut-être même manipulable par la Banque (par des volumes d’achat ou de vente hors de portée des petits joueurs). Ils permettent de flatter ceux qui se croient malins et pensent qu’ils peuvent gagner (j’en ai fait partie quelques temps) mais qui vont généralement perdre tant qu’ils n’auront pas compris que le jeu est biaisé.

Beaucoup de « cadres supérieurs » en redemandent. Ils n’ont pas envie de savoir qu’ils sont exploités par les (leurs) patrons auxquels ils préfèrent s’identifier. C’est ainsi dans la plupart des sociétés, un peu comme dans les bagnes où certains prisonniers profitaient des quelques privilèges qu’on leur octroyait pour aider la direction du bagne à maintenir l’ordre.




Démocratie

24052009

Ce n’est pas parce que c’est peut-être un moindre mal qu’il faut tout avaler.

Le pouvoir y est issu du vote. Le vote est influencé par la propagande. La propagande est financée par ceux qui en ont les moyens : une façon douce de conforter le pouvoir de l’argent, surtout quand on pratique le « je suis élu donc je fais ce que je veux » qui est une façon de se montrer sourd à d’autres voix, comme par exemple à celle de la rue.

La démocratie est d’ailleurs très prisée des despotes qui tiennent absolument à faire semblant de se faire élire, alors que personne n’est dupe, y compris eux mêmes. Mais cela permet sans doute aux dirigeants des pays vraiment démocratiques de fermer les yeux au nom de la loi du marché.




Crise (La)

24052009

« Crise structurelle » disent certains économistes, pour marquer la différence avec une crise conjoncturelle susceptible d’être traitée par des moyens classiques. On observe que nos dirigeants, au mieux, envisagent des moyens classiques.

Il s’agit aussi d’un crise des valeurs (pas des financières cette fois), ou plutôt de l’échec social (c’est à dire pour le plus grand nombre) de la valeur « profit ». D’ailleurs tout le monde le sait :

- l’opposition gouvernants-enseignants chercheurs illustre cette crise. Les premiers ne parviennent pas à valoriser les seconds, et c’est assez réciproque.

- la façon dont la politique néglige les questions sociales non quantifiées financièrement : problème de la délinquance dans les banlieues ou des mal logés car s’attaquer à ces problèmes ne procure aucun profit immédiat

- les « droits de polluer » qui montrent bien qu’on ne peut envisager de régler les problèmes écologiques qu’au travers de formulations économiques (pour ne pas dire financières)

- confusion entre valorisation par l’argent (salaires gigantesques) et raisonnable récompense de l’apport à la société (compétences et travail) qui est très bien perçue et serait acceptée avec des écarts en proportion plus raisonnables (voir Argent et psychologie).

- peut-on imaginer une société où il serait valorisant de travailler moins au prix de quelques sacrifices financiers (certains font déjà aujourd’hui ce genre de choix).

 




Automobile et psychologie

21052009

Au volant d’une voiture, nous sommes tous égaux. Les gros et les gringalets ont l’air aussi forts que les costauds, les imbéciles et incultes ont l’air aussi bons que les cultivés. Et les pauvres qui se sont saignés pour acheter une belle voiture n’en ont pas l’air.

Il y a donc un effet psychologique socialement bénéfique, même si c’est bénéfique comme la cocaïne pour certains « hauts personnages » (comme on dit). Les constructeurs et surtout leurs publicitaires, d’ailleurs, le savent très bien. Après tout, la voiture est peut-être un bon calmant social.

 

Pensées plausibles d’un conducteur moyen :

«  Evidemment, ce gros con avec son 4×4 à 50000 € ne va pas s’abaisser à respecter la limitation de vitesse à 90 km/h faite pour les petits. Il faut bien qu’il se fasse remarquer.

….C’est pas parce j’ai acheté un 4×4 pas cher d’Asie du grand sud est ou d’Europe du grand est que je vais rester derrière l’autre 4×4 du riche (qui forcément conduit moins bien que moi)…

   Bien sûr c’est une berline familiale bourgeoise mais ce ne serait pas la peine de s’être fait refiler la version avec 124 soupapes, le super turbo et la correction automatique pour conducteur déficient pour traîner avec les pépés et les femmes enceintes..

    Evidemment, j’ai pas un rond et ma voiture est pourrie, mais c’est pas parce que je suis un  petit jeune (au contraire ?) que je n’ai pas des couilles pour doubler tout le monde.

…Tu as vu la super nana dans sa voiture de sport ? (juste assez décapotable pour qu’on la voie). Regarde la bien : d’abord elle trop belle pour toi, dans ta petite voiture de prolétaire, et en plus il faut que tu apprennes, puisqu’elle te double, qu’elle conduit mieux que toi.

 

    Beaucoup doublent parce qu’ils ont la conviction que leur temps est précieux, en tout cas plus précieux que celui des autres dont évidemment celui des pépés et des nanas qui respectent la limitation.

    Et ceux qui ont le temps doublent pour se prouver qu’ils n’ont pas peur des flics. Il est vrai que braver la loi est chez nous un sport national.

 

…Je te colle au cul. D’abord parce que je suis très pressé (je travaille moi !), ensuite parce que je n’ai pas seulement acheté ma grosse berline pour me faire valoir mais pour être toujours devant, et surtout pas derrière une nana qui ne sait même pas qu’elle a un rétro. A non, c’est un mec, sûrement un pépé et je crois qu’il ma vu : c’est sûr qu’il me nargue et fait exprès de se maintenir juste à la vitesse limite. Parti comme ça, il va mettre une heure pour doubler ce camion. Je lui fais un appel de phares pour lui foutre les boules. Evidemment, ma maîtrise du véhicule est totale (à ce prix là c’est la moindre des choses) et je ne perçois aucun risque à rouler à 90 km/h à un mètre derrière cet abruti. Dès que possible, je vais lui faire une queue de poisson pour lui montrer que la route n’appartient pas aux minables, et comme ça, je repartirai la tête haute.

 







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