Sondage

9122009

(autre version de « Jusque là, ça va » 

« Jusque là, ça va » dit, à son passage au 10ème étage, le gars qui tombe du 20ème. Il a raison car il ne peut plus rien faire et il vaut mieux pour lui qu’il vive sereinement ses derniers instants. Il connaît la mécanique et sait que sa vitesse augmente à peu près de façon proportionnelle au temps qui passe. Dit autrement, le taux de variation de sa vitesse est constant, ce qui est plus positif. Comme c’est un expert, il observe même que ce taux diminue légèrement grâce à la résistance de l’air. Ce constat encore plus sympathique lui permet d’oublier qu’il ne lui reste qu’une seconde à vivre.

Entendu à France-Inter : « seulement un quart des cadres pensent que le chômage va augmenter » C’est comme le cas du gars qui tombe du vingtième : en cherchant bien on peut toujours trouver un bon côté aux choses, surtout à courte vue (voir l’article sur « la progression »). Mais aussi, il est plus facile de s’intéresser à ceux qui regardent qu’à ce qu’il faudrait regarder.

Et quand on ne sait plus quoi dire, il reste, dans la même veine, la solution du niveau deux de la non-information, parfois délibérément construit, comme ce sondage paru en décembre 2009, sur ce que les Français pensent de la façon dont pourra se comporter l’équipe de France de Football à la prochaine coupe du monde…

Ne serait-il pas également intéressant de savoir à combien les Français estiment le nombre d’entre eux qui s’interrogent sur la qualité de l’information qui leur est diffusée… Et si vous n’avez pas compris à la première lecture, répondez « non » au sondage.




Comment gagner en Bourse ?

13082009

Informations sur le site d’Orange.

« La décision de BNP Paribas de prévoir environ un milliard d’euros pour les bonus de ses équipes, révélée mercredi, a mis le feu aux poudres alors que la banque avait reçu quelque 5 milliards d’aides de l’Etat au plus fort de la crise. »

« L’ancien patron du trader Jérôme Kerviel au sein de Société Générale, Jean-Pierre Mustier, est l’objet d’une enquête de l’Autorité des marchés financiers (AMF) pour délit d’initié et va quitter la banque, selon un communiqué publié jeudi par la banque. » 

Supposons que la bourse soit un jeu à somme nulle (ce qui est d’autant plus le cas que l’économie va mal) : il faut que certains perdent ce que les autres gagnent. Il est donc bon que ceux qui gagnent, parce qu’ils peuvent tricher, ne jouent pas entre eux. D’où l’intérêt pour les banques de l’existence des petits porteurs et l’aubaine de l’engouement pour la Bourse favorisé par Internet et par les banques avec, par exemple, des produits sophistiqués qui permettent de jouer même si on n’a pas grand chose. Ces produits dérivés sont mitonnés par des matheux et conçus pour que la banque ne perde jamais ; leur cours est peut-être même manipulable par la Banque (par des volumes d’achat ou de vente hors de portée des petits joueurs). Ils permettent de flatter ceux qui se croient malins et pensent qu’ils peuvent gagner (j’en ai fait partie quelques temps) mais qui vont généralement perdre tant qu’ils n’auront pas compris que le jeu est biaisé.

Beaucoup de « cadres supérieurs » en redemandent. Ils n’ont pas envie de savoir qu’ils sont exploités par les (leurs) patrons auxquels ils préfèrent s’identifier. C’est ainsi dans la plupart des sociétés, un peu comme dans les bagnes où certains prisonniers profitaient des quelques privilèges qu’on leur octroyait pour aider la direction du bagne à maintenir l’ordre.




Démocratie

24052009

Ce n’est pas parce que c’est peut-être un moindre mal qu’il faut tout avaler.

Le pouvoir y est issu du vote. Le vote est influencé par la propagande. La propagande est financée par ceux qui en ont les moyens : une façon douce de conforter le pouvoir de l’argent, surtout quand on pratique le « je suis élu donc je fais ce que je veux » qui est une façon de se montrer sourd à d’autres voix, comme par exemple à celle de la rue.

La démocratie est d’ailleurs très prisée des despotes qui tiennent absolument à faire semblant de se faire élire, alors que personne n’est dupe, y compris eux mêmes. Mais cela permet sans doute aux dirigeants des pays vraiment démocratiques de fermer les yeux au nom de la loi du marché.




Crise (La)

24052009

« Crise structurelle » disent certains économistes, pour marquer la différence avec une crise conjoncturelle susceptible d’être traitée par des moyens classiques. On observe que nos dirigeants, au mieux, envisagent des moyens classiques.

Il s’agit aussi d’un crise des valeurs (pas des financières cette fois), ou plutôt de l’échec social (c’est à dire pour le plus grand nombre) de la valeur « profit ». D’ailleurs tout le monde le sait :

- l’opposition gouvernants-enseignants chercheurs illustre cette crise. Les premiers ne parviennent pas à valoriser les seconds, et c’est assez réciproque.

- la façon dont la politique néglige les questions sociales non quantifiées financièrement : problème de la délinquance dans les banlieues ou des mal logés car s’attaquer à ces problèmes ne procure aucun profit immédiat

- les « droits de polluer » qui montrent bien qu’on ne peut envisager de régler les problèmes écologiques qu’au travers de formulations économiques (pour ne pas dire financières)

- confusion entre valorisation par l’argent (salaires gigantesques) et raisonnable récompense de l’apport à la société (compétences et travail) qui est très bien perçue et serait acceptée avec des écarts en proportion plus raisonnables (voir Argent et psychologie).

- peut-on imaginer une société où il serait valorisant de travailler moins au prix de quelques sacrifices financiers (certains font déjà aujourd’hui ce genre de choix).

 




Automobile et psychologie

21052009

Au volant d’une voiture, nous sommes tous égaux. Les gros et les gringalets ont l’air aussi forts que les costauds, les imbéciles et incultes ont l’air aussi bons que les cultivés. Et les pauvres qui se sont saignés pour acheter une belle voiture n’en ont pas l’air.

Il y a donc un effet psychologique socialement bénéfique, même si c’est bénéfique comme la cocaïne pour certains « hauts personnages » (comme on dit). Les constructeurs et surtout leurs publicitaires, d’ailleurs, le savent très bien. Après tout, la voiture est peut-être un bon calmant social.

 

Pensées plausibles d’un conducteur moyen :

«  Evidemment, ce gros con avec son 4×4 à 50000 € ne va pas s’abaisser à respecter la limitation de vitesse à 90 km/h faite pour les petits. Il faut bien qu’il se fasse remarquer.

….C’est pas parce j’ai acheté un 4×4 pas cher d’Asie du grand sud est ou d’Europe du grand est que je vais rester derrière l’autre 4×4 du riche (qui forcément conduit moins bien que moi)…

   Bien sûr c’est une berline familiale bourgeoise mais ce ne serait pas la peine de s’être fait refiler la version avec 124 soupapes, le super turbo et la correction automatique pour conducteur déficient pour traîner avec les pépés et les femmes enceintes..

    Evidemment, j’ai pas un rond et ma voiture est pourrie, mais c’est pas parce que je suis un  petit jeune (au contraire ?) que je n’ai pas des couilles pour doubler tout le monde.

…Tu as vu la super nana dans sa voiture de sport ? (juste assez décapotable pour qu’on la voie). Regarde la bien : d’abord elle trop belle pour toi, dans ta petite voiture de prolétaire, et en plus il faut que tu apprennes, puisqu’elle te double, qu’elle conduit mieux que toi.

 

    Beaucoup doublent parce qu’ils ont la conviction que leur temps est précieux, en tout cas plus précieux que celui des autres dont évidemment celui des pépés et des nanas qui respectent la limitation.

    Et ceux qui ont le temps doublent pour se prouver qu’ils n’ont pas peur des flics. Il est vrai que braver la loi est chez nous un sport national.

 

…Je te colle au cul. D’abord parce que je suis très pressé (je travaille moi !), ensuite parce que je n’ai pas seulement acheté ma grosse berline pour me faire valoir mais pour être toujours devant, et surtout pas derrière une nana qui ne sait même pas qu’elle a un rétro. A non, c’est un mec, sûrement un pépé et je crois qu’il ma vu : c’est sûr qu’il me nargue et fait exprès de se maintenir juste à la vitesse limite. Parti comme ça, il va mettre une heure pour doubler ce camion. Je lui fais un appel de phares pour lui foutre les boules. Evidemment, ma maîtrise du véhicule est totale (à ce prix là c’est la moindre des choses) et je ne perçois aucun risque à rouler à 90 km/h à un mètre derrière cet abruti. Dès que possible, je vais lui faire une queue de poisson pour lui montrer que la route n’appartient pas aux minables, et comme ça, je repartirai la tête haute.

 




La progression… un mal ? une nécessité ? une source de plaisir

21052009

Les tabous s’usent au fur à mesure qu’on les transgresse et la « télé réalité », faite principalement de voyeurisme, relève évidemment de ce domaine. Il n’est donc pas surprenant que son audience baisse aussi vite qu’elle a grandi. C’est la même chose pour le sexe dans la publicité ou au cinéma. « Les amants » de Louis Malle font presque sourire aujourd’hui et on n’est pas loin d’être blasé du plus cru quand le hard en DVD est à la portée de tous, même des enfants.

C’est donc le pas en avant qui frappe les esprits et intéresse le public, et non pas le tabou en lui-même qui tombe. Dans ce domaine, la marge de progression est désormais réduite.

 

Je ne sais pas (faute de temps et de compétences) si ce besoin d’avoir plus (dit de façon négative) ou de progresser (dit de façon positive) est une constante individuelle ou sociale. C’est en tout cas un fort moteur social.

Mais peut-on imaginer une société démocratique (qui pourrait l’être plus que la notre) constituée d’individus heureux d’une autre façon (et si possible en plus grand nombre que dans la notre) ? Peut-être non. Peut-être justement ne peut-on être heureux que de façon relative : « plus qu’hier », ou « plus que mon voisin ». Et comme personne ne voudrait être le voisin, il ne reste d’autre solution que le « plus qu’hier » ce qui n’est possible que s’il n’y a pas de limite ou si la limite ne peut jamais être atteinte (voir une solution utopique ?).

 

Le problème de la croissance économique est un peu de cette nature, mais il n’est pas (encore) perçu par tous car il est occulté par d’autres problèmes plus sensibles comme celui de l’inégale répartition des richesses. En dehors de croyances économiques (« croyances » veut bien dire que cela relève de la religion plus que de la raison) la croissance est d’ailleurs un excellent alibi pour ne pas remettre en cause la répartition des richesses. Mais la croissance est nécessairement limitée dans un monde fini. Il faudra bien qu’elle ralentisse un jour. (Ce thème est très largement et pertinemment développé par Serge Latouche). La terre est comme un grande boite, mais une boite. On ne fait pas pousser un baobab dans un deux-pièces. Mais comment remettre en cause la nécessité de la croissance affirmée par tous ?

Dans l’état actuel des mentalités, la croissance en moyenne est pourtant un moindre mal puisqu’elle permet, en principe, à tous de progresser : comme les écarts s’accroissent presque obligatoirement au profit des plus forts, une croissance moyenne permet aux faibles de progresser quand même un peu.

 

Cette perception du progrès (ou de la régression) est à coup sûr à courte vue.  Dans le temps d’abord : on est plus heureux avec un petit salaire qui augmente qu’avec un plus gros qui diminue (je n’ai toutefois pas d’expérience directe des très gros salaires). Dans l’espace ensuite, car on compare plus naturellement son salaire à celui du collègue qu’à celui du patron. Les optimistes y trouveront quelques avantages et les pessimistes des inconvénients.

La courte vue est en tout cas très présente dans notre système de pensée. Empruntez pour acheter, vous vous rendrez compte trop tard que vous n’en aviez pas les moyens. La terre était plate tant qu’on n’en avait pas fait le tour, puisqu’on la voie plate. Licenciez pour augmenter les bénéfices, il sera toujours temps de voir s’il n’y a plus d’acheteurs de ce que vous produisez.

Nous baignons dans cette façon de penser, le nez dans le guidon. Il est vrai que la publicité, et plus généralement les médias, abondent dans ce sens, et beaucoup d’entre nous ne peuvent pas voir. Il est vrai aussi que cette façon de pensée contamine ceux qui auraient la possibilité de prendre du recul mais qui ne veulent pas voir pour préserver leur confort personnel.

Elle conduit même à des jugements non fondés. A propos du chômage, il est généralement seulement question de l’augmentation ou de la diminution du nombre des demandeurs d’emploi. Je me souviens d’une déclaration d’un ancien Premier ministre se réjouissant de la diminution de la vitesse avec laquelle le chômage augmentait. On finit donc par être plus heureux avec 8 millions de chômeurs si la tendance est à la diminution qu’avec 2 millions et une tendance à l’accroissement.

Si vous êtes arrêtés pour excès de vitesse, allez donc expliquer à l’agent que vous rouliez encore plus vite avant d’être contrôlé !




Une solution utopique…

21052009

Peut-on imaginer un progrès ininterrompu compatible avec des limites infranchissables ? Peut-être…

Si par exemple on est heureux d’avoir en supplément, chaque année, la moitié (de ce qu’on voudra), du supplément de l’année passée, le système n’explose pas. Ce peut être, par exemple, 100 cette année, puis 150 l’an prochain, puis 175  l’année suivante, puis 187,5… en admettant (si on veut) que 100 est un minimum vital jusqu’auquel il est permis d’aller aussi vite que possible. En termes économiques standards, cela donnerait une croissance à taux de croissance positif mais décroissant (ce qui pourrait être dit de façon plus formelle). 

Un exemple de progrès de ce type apportant des satisfactions non décroissantes à ceux qui sont concernés est celui de la connaissance scientifique. Un autre est celui des progrès sportifs (record du 100 m par exemple). Il y en a sûrement d’autres.




« Travailler plus, pour gagner plus ».

4052009

présupposés : l’argent vaut mieux que le temps ou on est assez bien payé pour la quantité de travail qu’on fournit.

Il faut remarquer que cette idée n’est pas très intéressante pour ceux qui gagnent peu. En effet ils peuvent considérer que leur temps est mieux rémunéré quand ils travaillent pour eux…et il y en a beaucoup qui, pour cette raison, préfèrent les 35h pour bricoler chez eux où, en prime, ils sont leurs patrons. Ils pourraient donc dire « travailler moins pour gagner plus ! »




Tranches

4052009

Tranches (système utilisé pour le calcul des prélèvements de l’impôt direct) Effets de seuil ! Remplaçons l’escalier par une courbe non linéaire pour éviter les paniques idiotes aux « changements de tranche ». De toutes façons,  ce ne serait pas plus difficile à comprendre et psychologiquement plus agréable. On pourrait même en profiter pour augmenter les impôts et la plupart des gens n’y verraient que du feu (je ne suis pas contre une augmentation des impôts – certains hommes politiques ont beau jeu de promettre moins d’impôts sans préciser que cela implique moins de services de l’état.)




Pourcentage.

4052009

La dictature du pourcentage…simplement parce que, dans le difficile, c’est le plus facile à comprendre. Voir « tranches »

*entendu (à peu près) à la radio:

En réduisant la consommation de 20% un assez grand nombre de fois, on finira par ne plus consommer (les mathématiques de base ne sont pas le point fort de l’équipe qui s’occupe cette émission). Il suffit de se souvenir que si on garde chaque jour la moitié de ce qui reste, il en restera toujours un peu. En réduisant cinq fois la consommation de 20%, on la réduirait donc d’environ deux-tiers (ce qui ne serait quand même pas si mal). .







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